Nous n'avons pas l'air d'être les seuls, un sondage dans un journal relatant "Et quelle peine attriburiez-vous à ceux qui abusent avec ce carnaval?" "3 a 6 mois de prison" fut la réponse générale.
fait pipi (merci, je suis une fille) mais Idalina qui tient le vélo alors que nous nous étions fait embarqués par un camion. Pas évident de garder l'équilibre. Arrivés au village de La Union, on s'est dit pourquoi pas aller visiter des ruines qui sont proches avant de continuer notre route... Seulement, le chemin qui y menait était tout simplement impraticable. Une montée sur 500m de dénivellée, des nids de poule, puis une pampa détrempée... Bref, Fix a du poussé le vélo sur 10km, en comptant les 5 minutes de camion. Une fois en haut, on avait presque plus envie de les visiter. Un petit homme sorti de nulle part s'est approché de nous pour nous vendre l'entrée. En moyenne, deux visiteurs par semaine visitent le site (sans blague quand on voit le chemin qui y mene). C'était réellement magique de vister ces ruines, comme seuls au monde. Satisfaits de l'effort du jour, nous avons décidé de planter la tente... dans les ruines (Réponse à la Q.2.)! Pour ce qui est d'écrire INKA ou INCA, il ne faut pas m'en tenir rigueur, les INKKCCAs n'écrivaient pas! Ici on voit les deux, selon l'inspiration de celui qui l'a noté. Il est donc fréquent de lire un nom de village écrit d'une maniere a l'entrée, et d'une autre a la sortie.
Q.4. Une petite Madame Péruvienne m'a bien étalé de la creme sur les épaules. Du bluff parce qu'elle n'avait certainement pas d'escabaut? Et moi, je ne peux pas m'asseoir? Elle en a bien profité d'ailleurs, c'était l'occasion d'étaler de la crème sur ses mains toutes abimées par le froid et le travail, ce qu'elle ne doit jamais faire...
Quant aux cyclotouristes, nous en avons rencontré 5 au total, et pas des moins originaux. Un couple de tcheques roulants sur des bents bricolés maison (velo ou l'on roule couché) depuis le Mexique, un quebecquois qui semblait en stand by (ca faisait 6 mois qu'il s'était installé a la casa de ciclistas), un vieil écossais qui voyageait depuis 10 ans (10 mois de vélo, puis 2 mois de repos dans sa campagne écossaise) et un polonais. La rencontre avec le polonais fut de loin la plus émouvante. En pleine montagne, au milieu de nulle part... Nous nous sommes sauté dans les bras. IL parraissait tellement heureux. Ne parlant pas espagnol, il fut ravi de pouvoir converser. Nous avons échangé nos expériences. Lui, a rigolé pendant deux heures. Il n'a pas arreté de répéter "Mais si déja moi j'ai du succes sur la route, mais alors vous?" Il nous a surement trouvé un peu fous, avec mon guidon sous la selle et toutes les aventures que nous avons conté. Quand on est en plein milieu d'une aventure, on ne réalise pas vraiment que l'on vit quelque chose de particulier. Par contre, quand nous racontons nos expériences, les gens nous écoutent et paraissent tellement étonnés. Nous réalisons alors un peu plus que nous avons en tete une tonne de souvenirs, plus anodins les uns que les autres...
La fin et la suite...
Voilà, nous nous quittons dans quelques jours, plus amoureux que jamais, mais c'est loin d'être la fin des aventures... Pour ma part, je continue vers la Bolivie. Et Fix enchaîne sur Ho Chi Minh au Vietnam, avec 10 maigres heures d'escale en Belgique. Vous pouvez continuer à le suivre sur son site "développement durable" auquel il a beaucoup travaillé, ou sur le site web de la Libre Belgique.
Petit QUIZZ confectionné par Idalina rien que pour vous:
(on compte sur votre participation, un bonnet péruvien à celui ou celle qui fera un sans faute)
1. Que représente cette photo ?
Vrai ou faux (bluff ou bluff pas ?)
2. Nous avons planté la tente au sein d’un site archéologique Inca, a quelques pas du bain de l’Inka en personne.
3. Fix est depuis peu capable de refaire ses lacets tout en pédalant.
4. Une petite Madame péruvienne a étalé de la crème solaire sur les épaules d’Ida parce qu’elle trouvait que Fix avait mal fait le travail.
5. Fix a déjà perdu deux réveils (mais c’est pas tellement grave parce que le premier sonnait tellement peu fort qu’il fallait etre reveillé pour l’entendre, et le deuxième avait un tic tac tellement fort qu’il ne nécessitait pas de sonnerie vu qu’il nous empêchait de dormir).
6. Idalina a perdu 5 kg grâce aux bienfaits du vélo.
7. Apres s’etre fait appelé « toubab-argent » en Afrique, le nouveau surnom de Fix est « gringo-caramelo ».
Choix multiple
6. Nous avons roulé toute une après-midi sur une route quasi déserte. Pourquoi ?
a. Un camion de lait double remorque est resté coincé au coin d’une rue paralysant tout le trafic.
b. Une pluie torrentielle a provoqué une coulée de boue de 20m de large sur la route, empêchant le passage de tout véhicule.
c. Les deux
7. Quel est le critère principal de Fix pour élire « le camion du jour » ?
a. Il est bien peint.
b. Il utilise son petit klaxon (et pas le grand en tirant sur sa ficelle et qui s’entend a trois vallées) et a plus de 10 m de nous.
c. Il lui fait des yeux doux a travers la fenêtre.
d. Il lui propose de mettre la bicicleta dans le camion pour faire un petit bout de chemin avec lui.
8. Combien de repas sous tente n’ont pas été un spaghetti « thon-tomate » ?
a. 1 seul, après cela Fix s’est dit plus jamais, c’est trop dur de changer une habitude prise quotidiennement depuis 5 mois déjà (Il faut dire que selon les estimations, Fix aurait déjà mangé plus de 10kg de thon depuis son départ).
b. 3 fois, car nous nous sommes trompés dans l’achat de 2 boites de thon, ce qui a donné deux spaghetti " purée de sardines-tomate "
9. Nous avons feté deux anniversaires le 9 fevrier. Lesquels ?
a. Les 2000km de bicicleta sur le sol sud-américain et nos 5 ans de calvers amoureux.
b. Notre 10 milliardième coup de pédalle et la dixieme réparation « couture » du torchon qui sert de short a Fix.
c. Les 150 heures de contact du short cycliste d’Ida et de sa selle gel et les 5 ans du chien de Fix.
10. Que croisons-nous le plus fréquemment sur la route ?
a. Des lamas.
b. Des Toyota Corolla.
c. Des autres cyclo-touristes.
Nous sommes un peu gênés de pointer le bout de notre nez sur le net après autant d’absence. Et ceci alors que les statistiques d’audience battent des records tous les tours. Mais voilà, nous avions un petit secret à cacher, surtout à l’inquiétude démesurée de nos parents. Notre secret? Pas grand chose finalement: Nous avons repris le vélo… et ce quelques jours après vous avoir annoncé que nous arrêtions.
Mais commencons par le commencement, Huaraz. Huaraz est une petite ville au pied de la Cordillera Blanca, probablement la plus impressionnante de toutes les cordillères des Andes. Entre autres grands sommets, elle abrite celui que j’ai toujours considéré comme le plus beau du monde, l’Alpamayo. Une immence face Nord (c’est à dire enseleillée puisque nous sommes dans l’hémisphère Sud, les Andes ne sont pas les Alpes) lacérée de ces fameuses "Ice-flutes" si typiques des sommets andins. Je n’ai pas résisté à l’envie d’aller le caresser du regard, et pour ce faire, Ida a dû subir (avec son épaule dans le plâtre) 4 jours de trek à plus de 4000m d’altitude. Elle a souffert mais jamais ne le regrettera. Les Andes ce n’est pas les Alpes, c’est 1000 fois plus grand, plus beau, plus fou. Je m’arrête là, les photos en parleront mieux. A propos de grandeur, nous avons tous les deux battu notre record d’altitude à la force de nos jambes (4700m) et ce sans nous douter le moins du monde que, quelques tours plus tard, nous le surpasserions à vélo (4800m). Ce vélo nous l’avions abandonné depuis longtemps, cela nous faisait très mal, c’était pour tous les deux un rêve qui s’effondrait. Mais de retour à Huaraz, Ida a décidé que ça ne se passerait pas comme ça.
Un jour, au réveil, alors que j’étais en train de déprimer à l’idée de remonter dans le bus, de revoir ces paysages défiler tellement vite, de ne pas en sentir les odeurs, de ne pas pouvoir saluer tous ces gens, de ne plus pouvoir dormir sous la lune… elle me dit: "Et si on réessayait quand même". Mais la position "velo", pour la clavicule d’Ida c’était impensable (puisqu’elle doit garder les épaules en arrière) alors elle a eu une illumination complètement folle. Encore aujourd’hui je me demande ce qu’elle a sous le crâne pour avoir pensé quelque chose d’aussi … impensable. "Et si on mettait le guidon DERRIERE ma selle…" Aussi incroyable qu’il puisse paraître, ça a marché, et même tres bien. 700km plus loin nous sommes encore à ce système qui est d’ailleuirs ideal pour la reparation de sa clavicule. Le lendemain, nous étions sur la route, tout perdus, tout étourdis de retomber si brutalement dans un reve que nous avions totalement abandonné.
Bonheur. D’autant plus que le paysage qui nous attendait sur les 300 prochains kilomètres fut d’une beauté difficilement descriptible a l’aide des 26 petites lettres de notre alphabet. Des massifs enneigés percant la platitude des tourbières d’altitude, des villages miniers perchés a flanc de montagne, des nappes de brouillard recouvrant les troupeaux de moutons, un soleil sec et brûlant, le paysage balayé par des vents mordants de froid. Et puis des visages… tous ces visages brulés par le soleil et tannés par le vent qui nous questionnent du regard : « Mais qu’est-ce que tu fais ici toi ? » La plupart de nos rencontres commencent par une hallucination mutuelle. Nous nous arretons par exemple à la vue d’un type tout seul assis sur une pierre au milieu de ce que l’on peut appeler nulle part et lui hallucine de meme à voir deux blancs sur un velo qui ressemble plutôt a une moto, avec une femme aux cheveux rouges qui se tient à un guidon situé sous ses fesses. Incompréhension réciproque donc, mais les discussions n’en sont que plus intéressantes. Elles commencent toutes de la même maniere :
- « D’où venez-vous comme ça ? »
On cite toujours la derniere ville que l’on a croisée pour ne pas compliquer les choses.
- « Aah, et d’où êtes vous ? »
« De Belgique, un petit pays d’Europe, au nord de la France. »
- « Ah, et vous êtes venus de chez vous avec la bicicleta ? »
« Euh, non, il y a un océan entre les deux, il faut prendre l’avion… »
- « Ah, bon… »
Et là commence en général un cours de géographie:"ici l’Europe... là il y a l’Afrique, ici les Amériques…".
Ici, le contraste est très marqué entre les villes et les campagnes. Particulièrement du point de vue richesse et éducation (ce qui revient probablement à la même chose). D’ailleurs, quand vous parlez de « Belgique... Europe... il faut prendre l'avion...» à un citadin, il y a des chances qu’il vous réponde « Oui, oui, Google Earth » ou bien « Ah, ma sœur habite Anvers ».
Mais revenons a nos moutons, je vous parlais de la beauté de la route. C’est dans cette splendeur que nous avons passé ce fameux col a 4800m, vaillemment et le cul sur la selle. Sans vouloir paraître blasés, franchement ce n’est plus le genre de chose qui nous fait peur. D’ailleurs, quand le soir je checke la route du lendemain sur la carte et lance a Idalina « Tiens, demain un col a 4000m », elle ne sourcille même plus… Nous sommes définitivement acclimatés.
A propos de climat, celui des Andes est tres particulier. Nous sommes actuellement en pleine saison des pluies, mais de la pluie, finalement, il n’y en a pas tellement, et quand elle tombe c'est la plupart du temps en fin de journée. Cette constance nous permet d’organiser nos journées pas trop mal. Si je dis parliculier, c’est qu’il n’est pas rare de croiser des sortes de microclimats. Je pense par exemple à celui de la ville de Huanuco qui est carrément chaud et désertique pour une altitude de tout de même 2000m. Passez dans la vallée adjacente et il vous faudra bien 2 polars de plus. Finalement, je crois qu’on peut dire que chaque vallée a son climat.
Huanuco, c’était notre premiere grosse étape apres Huaraz. Petit hotel pour la douche et le « National Geographic Channel » (un de nos seuls criteres dans le choix de la chambre ; comme si on n’en avait pas deja plein les yeux) pour un départ en pleine forme le lendemain. 150km de montée nous attendaient pour Cerro de Pasco, ville miniere située a 4300m d’altitude. Encore une fois, le paysage qui nous attendait ensuite fut d’une splendeur a couper le souffle, et en descente qui plus est sur une centaine de km jusqu a Huancayo où nous avons pris le bus pour Cuzco. Le bus ? Oui, ce n’est pas mon genre, mais le lac Titicaca est encore loin et cette clavicule nous a fait perdre un temps précieux. De plus, la route jusque là s’annoncait extrêmement monotone et rendue presque impraticable par les fortes pluies. Pas de regrets donc.
Vous allez me dire « Cuzco ? Ah, vous allez voir le Macchu Picchu ? ». Et bien, cette merveille du monde, nous avons décidé de ne pas aller la visiter. Rebelles ? Peut-etre. Butés ? Sûrement. Mais fauchés et outrés surtout. Sachez que pour aller voir ces fichus murs Incas, il vous en coûtera au minimum 150 dollars, tout ça pour y être serrés comme des sardines parmi vos semblables en short et baskets, alors que pour 1 dollar vous visiterez d’autres ruines fantastiques ou vous vous sentirez seuls au monde au beau milieu de cette fabuleuse civilisation Inca. Sachez surtout que de ces 150 dollars, 5 seulement vont au gouvernement péruvien, le reste va directement dans les poches de la compagnie Américaine qui tient le site. Les habitants de Cuzco sont aussi outrés que nous. Alors, demain, nous enfourcherons notre belle monture pour aller visiter les autres sites archéologiques des environs, un petit peu moins grands, un petit peu moins beaux mais au moins notre argent ira dans la poche des Péruviens qui le méritent bien.
Equateur...
News en vrac:
- Notre tandem a 20 ans et ca se sent, les pièces cassent les unes après les autres. Avec un peu de chance, quand elles auront toutes cassé, nous n’aurons plus de problèmes.
- Image de gauche: Notre trajet en Equateur en date d'aujourd'hui. Image de droite: Notre trajet en bus du Venezuela à l'Equateur, le trajet en tandem en Equateur et les plans pour la suite, destination La Paz (Bolivie).
- Quelques chiffres :
- Quelques états d’esprit :
o FX son bas : lorsque nous avons cassé le cable du frein à tambour en pleine descente à pic, sous une pluie torrentielle.
o FX son haut : lorsque nous avons réparé le même cable aidés par une joyeuse bande de bricoleurs.
o Ida son bas : la journée de préparation de la veillée de Noel. 1. Impossible de trouver des aliments qui feraient ne fut-ce qu’un tout petit peu "Noel". 2. La laverie qui détient tous nos vêtements ferme avant l’heure, impossible de les récupérer. Et le lendemain est jour ferie. 3. Elle rentre à l’hotel pour se reposer de ses mésaventures, la clé casse dans la serrure.... Il y a des jours où on ferait mieux de ne pas se lever.
o Ida son haut : l’arrivée à l’auberge après 4 jours d’intense pédalage sur une route qui s’allongeait au fur et a mesure qu’on avancait (dixit Ida).
- Nous sommes devenus des inconditionnels du fou-rire. Exemples au hasard : Je dis très naturellement à Idalina, « dis chou, oublie pas de piquer le PQ de l’hotel avant de partir ». Ridicule mais j’ai mis 1h a m’en remettre. Ou encore : Idalina boit d’un coup le verre de jus que nous partagions, en voyant ma tête elle réalise sa bourde et dans la confusion recrache tout dans le verre. Encore plus ridicule mais toujours aussi difficile de s’en remettre. Le principe fondamental est d’essayer de ne pas se souvenir de ce genre de moments en plein effort sur le vélo sinon c’est l'arrêt assuré. Tout cela pour dire qu’on tient
Depuis les dernières nouvelles de Quito, deux semaines se sont écoulées, pour nous une éternité. Comment tout ce que nous avons vécu peut-il tenir dans deux toutes petites semaines? Pour atteindre Cuenca, nous avons tracé notre route à travers l’univers vert de la forêt Amazonienne, entre fleuves sauvages et sombres forêts. Nous nous étions dit que pour un début, la forêt nous serait plus clémente que les pentes andines mais nous avons appris à nos dépens que la forêt équatoriale peut aussi être tout sauf plate et qu’une route asphaltée sur la carte ne l’est pas spécialement sur le terrain. Le début de notre aventure fut fort difficile. Pour aller de Quito à la forêt, il faut avant tout passer un col, c’était donc notre toute première épreuve. A la fin du premier jour, nous étions épuisés et le compteur affichait 10 malheureux kilometres. Et lorsqu’un jour plus tard nous arrivions au sommet, c’était pour nous rendre compte que notre belle route se transformait en piste. De là, une descente interminable, les mains crispées sur les freins, comme une plongée tête la première dans la forêt profonde. Vraiment ….très dur. Ces premiers jours furent donc pour nous une épreuve, un peu comme un examen d’entrée. “Si vous passez ici, vous passerez partout…” Pistes très rudes, pluies torrentielles, nombreuses casses mécaniques (nous avons déchiré un pneu et rompu un cable de frein en l’espace de quelques heures). Mais nous sommes passés, les casses ont été réparées, les pluies ont cessé, nous avons pris de l’assurance. C’est aussi un rythme à prendre, au début c’est l’inconnu, les gestes sont maladroits, les nerfs fragiles, on tombe dans chacun des pièges que nous tend l’aventure… mais on finit toujours par trouver sa place. Maintenant, autant dire que nous sommes devenus des pros du tandem sur piste, que les moustiques equatoriens peuvent aller se cacher et que la forêt amazonienne autant que les montagnes andines ne nous font plus peur.
Nous voici donc à Cuenca pour fêter le nouvel an. Nous profitons d’un repos bien mérité dans une auberge offerte par mes parents pour mon anniversaire. Lorsqu’on voyage comme nous, les tours de repos sont plutôt chargés. Faire les lessives, réparer le vélo, Internet (de longues heures), ranger les sacs et tout nettoyer… Mais pour nopus c’est du repos puisque nous ne sommes pas en train de pédaler.
Les aléas du voyage sont un formidable moyen d’explorer une personnalité. Chaque déboire, chaque moment de bonheur va chercher dans le fond de nous même un trait de caractère, une qualité, un défaut… Et plus la situation est inconnue, plus la découverte de nous même est intense. Dans ces difficultés de début de voyage, j’ai découvert chez Idalina une qualité que je n’aurais pas eu l‘idée de lui attribuer jusqu’à maintenant: le courage. Bien sur elle peut toujours passer du fou-rire à la crise de larmes en l’espace d’un instant mais, là où je perds courage, elle, elle persévère. Nous nous découvrons aussi des défauts mais soit… passons. Quoi qu’il en soit, ici, dans le fin-fond de l’Equateur, nous avons trouvé un nouveau moyen de faire évoluer notre couple.
Revenons à nos moutons. Je parlais de galère mais nous avons aussi vécu des moments très intenses comme cette nuit passée en pleine forêt en compagnie d’une famille indigène du peuple Shuar. La situation était assez chocasse. Nous nous étions arrêtés sur le bord de la piste ahuris par la vue de deux blancs aux cheveux blonds en train de discuter en plein milieu de la jungle. “Salut, qu’est-ce que vous faites ici?” “Moi j’habite ici” nous dit l’un. “Quoi, ici, ici… là comme çà???” “Oui, oui je vis avec la famille indigène là-bas”. Le jeune homme était Allemand, il venait de terminer ses études et s’était donné quelques mois pour s’adonner à sa passion, le reportage vidéo. Ce qui a fini par le conduire ici à étudier ces indigènes. La situation des indigènes ayant gardé leurs
traditions est très étrange. Et surtout lorsque la construction d’une route vient subitement leur donner une ouverture sur le monde. Cela donne lieu à d’incroyables contrastes et à des idées naïves et complètement faussées sur le monde moderne (chose que j’ai déjà pu largement vérifier en Afrique). Sous le toit de feuilles de palmier de nos hôtes, on pouvait par exemple trouver une télévision et un lecteur DVD alors qu’ils vivent presque nus et se soignent avec les plantes de la forêt. Ce qu’ils préféraient regarder: Star Wars et les films de karate. Notre ami Allemand nous racontait qu’ils étaient persuadés que nos villes occidentals ressemblaient à celles qu’on voit dans Star Wars… Cette subite prise de contact avec la civilisation le passionnait.
Une dernière petite histoire, la montée vers Cuenca. Il y a quelques jours, nous avons decidé de quitter la forêt pour rejoindre la ville de Cuenca qui se trouve à
Nous voilà arrivés dans la capitale équatorienne, après quinze jours de voyage en Colombie... Nous y serions bien restés encore un petit temps (si l'appel du voyage en tandem n'avait pas été si fort), tant le pays regorge de merveilles en tous genres... Il mérite bien le nom d'El Dorado et serait un haut lieu touristique s'il ne souffrait pas de sa si mauvaise réputation.
La Colombie présente une diversité inattendue de paysages, aussi magnifiques les uns que les autres... Nous avons eu l'occasion de faire quelques promenades bien agréables entre les plantations de café, dans des palmeraies étranges, dans la forêt tropicale...
Les Colonbiens sont un peuple très accueillant, toujours préoccupé pour que tout se passe bien pour nous... Nous ne leur avons cependant trouvé un grand défaut... Ils sont incapables de renseigner correctement le temps des trajets entre les villes... Et ça va bien sûr toujours dans le même sens: ça prend le double du temps... Et puis, dans les terminals de bus, ils sont carrément menteurs, capables de te faire perdre 10 heures de bus pour que tu prennes leur bus et pas celui du voisin...
Nous avons été accueillis à Medellin par une famille Colombienne aussi chaleureuse que sympathique, qui nous a fait découvrir la ville et les alentours, et avec qui nous avons dégusté la fameuse "aguardiente" (eau de vie colombienne). Medellin n´a plus rien de la ville d'il y a 15 ans qui était connue comme étant une des plus dangereuses au monde (avec ses 5000 homicides annuels).
Le patrimoine historique est immense... De superbes villes coloniales, des "Museos de Oro" dans de nombreuses villes, des statues précolombiennes...
Nous avons fait un crochet par la ville isolée de San Agustín, où nous avons pu admirer des centaines de statues précolombiennes aussi farfelues les unes que les autres... Impressionnant... San Agustin est une ville paisible, prisée par les hippies qui y trouvent en abondance un champignon hallucunogène, San Isidoro... Moi, je soupçonne les indigènes d'en avoir consommé en quantité lors de la création de leur statues mortuaires...
Le crochet à San Agustin fut une affaire. 15h pour y arriver (à comparer aux 8h prédites)... Et pour la quitter... La route, contenant un nombre record de nids de poule (Question existencielle de Fix: mais pourquoi toutes les poules de Colombie se rassemblent-elles ici pour pondre?), nous a valu 8h de trajet pour 100 km (assez pénible), mais c'est sans dire que nous avons chopé les places tout au fond du bus, vous voyez celles qui sont surélevés (mais pas le plafond bien sûr), ce qui a donné des cognements de crâne violents sur le plafond pendant tout le trajet... Enfin, tout ça pour donner mille raisons à Fix de préférer la selle de son vélo... Quant à moi, je ne sais pas encore si mes fesses vont préferer la selle... Je vous donne des nouvelles bientôt...
... vu que nous enfourchons le tandem demain... Enfin, Fix ne tient plus en place depuis deux semaines... Nous sommes tout excités... Il est tout beau tout prêt, et surtout il porte une mascotte qui je le sens va bien m'encourager dans les moments les plus durs (merci Nath!!!).
Mais je pense que vous n'imaginez même pas l'oppression pour le récupérer à la douane... Un fonctionnaire est un fonctionnaire, et ce dans tous les pays, mais alors ici, ce sont des champions du monde... Je remercie le ciel de comprendre l'espagnol, de pouvoir faire des crises de pleurs sur commande et de savoir inventer des histoires sur le tas (on accompagne un tour cycliste organisé qui part demain matin)... En gros, récupérer un bagage à la douane coûte un arbre (en paperasse), une dizaine de seiches pour les cachets et le bottage de fesses continu de pétasses inactives qui ne savent dire qu'une phrase "revenez lundi"... En parlant avec une femme qui revenait 2 semaines en Equateur pour la mort de son père et qui insistait pour ses bagages depuis 4 jours auprès de ces bureaucrates tous mous, nous nous sommes bien dit que même si on revanait lundi, nous ne verrions toujours pas une pédalle du tandem. ¡La solución: presionar! En gros, à chaque étape, quand l'antipathique nous disait que ce ne pouvait être fait avant lundi, on allait trouver son boss, lui faisions pitié, celui-ci passait alors un coup de fil à l'antipathique, et ainsi on passait à l'étape suivante... Et on peut vous dire qu'il y en a eu des étapes, et aussi des billets sous la table...
Bon, on vous laisse, on a mis plein de nouvelles photos dans les albums Colombie, et maintenant Equateur...
On vous souhaite des joyeuses fêtes de fin d'années, en ce qui nous concerne, qui sait où et comment nous allons les passer... En tout cas Noël entre les tropiques et l'équateur, ça a un charme ... différent!
Presque deux semaines ont passé depuis les dernières lignes de ce site. Pas de gros problèmes ni d'abandon, ni encore de disparition dans la nature mais plutôt un petit moment de transition. La maladie (dont on ne connaît toujours pas l'origine) m'a finalement cloué au lit encore 5 jours en Belgique et pendant les 5 autres jours, j ai patiemment attendu le départ pour Caracas. 10 jours de vie Belge pour reprendre du poil de la bête. Je m'attendais à ce que ce soit l'épreuve la plus difficile depuis le début du voyage mais ca s'est finalement très bien passé et je ne regrette pas ma décision d'avorter une petite partie du voyage en faveur de ma santé.
Nous sommes donc à Cartagena, petite ville extraordinairement calme et agréable. Dans notre guide on peut lire: "Si le pays ne souffrait pas de cette réputation, la ville de Cartagène serait bien plus qu'un joyau touristique". Depuis hier, nous bénéficions donc d'un joyau touristique sans les touristes, fantastique. Nous le méritons bien ce trésor car le prix que nous avons payé fut trois jours de trajet en autobus presque non stop de Mucuchies (bled paumé dans les montagnes vénézuéliennes où Idalina a travaillé pendant 3 mois) jusqu'à Cartagena. Mais maintenant c'est le relachement total sous les cocotiers des plages Caraïbiennes, mon Dieu que la grisaille belge est déjà loin.
Bonjour à tous,
je vous écris cette fois-ci de chez moi en Belgique. J'avais dit dans les dernières nouvelles que j'étais en forme et prêt à repartir. Finalement la maladie a décidé de s'attarder et j'ai dû me résoudre à rentrer. D'après les spécialistes d'Anvers ça ne serait pas la malaria mais plutôt une maladie virale dont ils ne connaissent pas encore l'origine. Quoi qu'il en soit la seule solution est de me reposer en attendant que ça passe.
Je n'aurai pas atteint mon objectif et ceux qui me connaissent peuvent imaginer comme ça me va loin. Mais essayons de voir le positif, ce retour précipité m'a permis d'avancer de presque 10 jours mon vol pour le Venezuela et donc les retrouvailles avec Idalina. Et ça c'est une très bonne nouvelle...
A très bientôt de quelque part en Amérique du Sud...
Au départ de Tambacounda, j’étais fatigué. Les jours précédents avaient été trop chargés en vélo bien sur mais aussi en rencontres et surtout en émotions. Ce séjour dans la famille Boubane m’avait réjoui mais aussi bouleversé et je me sentais las de trop d’émotions. J’avais besoin de solitude, de calme et la traversée du parc du Niokolo Koba m’a apporté exactement ce que je cherchais. Moi, la route et la nature, pure et sauvage. Retour aux sources…Je traversais une succession de hauts plateaux dégagées et de vallées verdoyantes où gambadaient phacochères et babouins. Je n’ai pas eu la chance d’apercevoir de grande faune comme lions ou éléphants mais ma soif de nature sauvage était déjà largement étanchée.
En quittant Saraya je savais que je n’allais plus revoir le goudron avant Bamako. J’étais parti de bonne heure sans manger comme à mon habitude en glissant un pain sous l’élastique de mon sac. Dès les premiers kilomètres j’étais assailli par un nuage de mouches Tsé-Tsé (qui ne sont autre que la version africaine des taons de chez nous). Rouler le plus vite possible pour les semer tout en lâchant continuellement le guidon pour les écraser sur mes mains, mon visage, mes jambes, mon dos… La piste était très mauvaise, mes bagages ballottaient dans tous les sens dans un grand fracas. Impensable de s’arrêter pour manger. Je donnais tout ce que j’avais en criant « Courage Fix, courage ». Après deux heures de ce régime, les taons avaient disparus et je pouvais enfin m’arrêter pour manger. Mais quand j’ai regardé mon bagage, le pain n’y était plus, il était tombé avec les secousses de même que toutes mes bouteilles d’eau. Avec de l’eau j’aurais encore pu me cuire des pâtes mais là, rien à boire ni à manger, la seule chose à faire était d’avancer. Et il fallait en plus que les taons reviennent à la charge.Deux autres heures de combat plus tard, le miracle s’est produit. En plein milieu de la brousse, un campement occupé par des Toubab, race à laquelle je n’avais plus eu affaire depuis 1 mois. Mais encore beaucoup mieux que ça, c’étaient des Belges, deux géologues dont un de Louvain-La-Neuve à la recherche d’or pour une compagnie Canadienne. Festin gigantesque de plein de choses que je n’avais plus avalées depuis une éternité. Nous avons papoté Belgique, vieux profs de Louvain etc le tout dans un accent belge que je n’avais jamais trouvé aussi savoureux.
Depuis le départ, je n’avais jamais eu l’impression d’atteindre mes limites, mais sur ces 4 jours de Manantali à Bamako je m’en suis approché dangereusement. Expérience constructive certes, mais je ne suis pas prêt à la réitérer. Une gigantesque piste-autoroute, une monotonie sans commune mesure, des nuages de poussière à chaque passage de camion, des fosses, des bosses, et puis cette fameuse « tôle ondulée » tant redoutée par la mécanique (et les fesses du cycliste) et enfin Bamako, si proche mais qui n’arrive jamais. Je n’avais plus un rond en poche et j’étais donc obligé de vivre matin, midi et soir sur mes réserves, c’est à dire 1,5 kg de pâtes et quelques oignons. Au fil des jours je faisais de moins en moins de km, je passais le reste de mes journées à essayer de me réconforter, reprendre du courage pour ces quelques derniers kilomètres qui me paraissaient des montagnes. Quand je suis arrivé à Bamako, j’avais faim, soif, mes jambes me soutenaient à peine et j’étais couvert de poussière et de transpiration séchée. En y repensant, je crois bien que 5 km de plus auraient suffi pour me faire abandonner.