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Mercredi 28 février 2007
Nous voilà arrivés à destination... Le lac Titicaca, ce nom qui fait rêver, celui du plus haut lac navigable au monde.
Nous avons mis une petite semaine pour rejoindre le lac de Cuzco. Une semaine de rencontres aussi particulières les unes que les autres.
Le premier soir, à peine a 40 km de Cuzco, nous avons planté la tente au sein d'une petite communauté de 20 familles. Ils nous ont invités dans leur village, affolés à l'idée que nous allions planter la tente plus près de la route "c'est très dangeureux ici, il y a souvent des assessinats". ¡Dios mio! Quelle attraction nous avons contitué pour le village entier! Les hommes se sont attroupés autour de "bicicleta" et ne l'ont plus lachée des yeux de la soirée. Les femmes m'ont regardée cuisiner, les yeux en poisson: ¿Une courgette? ¿une aubergine? ils n'en avaient jamais vu, alors que cela se vend en quantité a Cuzco. Mais alors notre réchaud, cet objet devait certainement venir de l'espace. Plusieurs fois dans la soirée, ils sont venus nous remplir le ventre avec du maiz, ce qui constitue la base de leur alimentation.
 
Nous avons également été accueilli chez un berger. A nouveau, nous allions planter la tente dans l'endroit le plus dangeureux du monde (ou le deuxième sur la liste), quand le berger a trouvé préférable de nous placer dans son patio. Ce berger gagne a peine 30 euros/mois, garde un troupeau de 14 moutons qui ne lui appartient même pas et dont la valeur ne dépasse pas un dixième de ce que nous tranportons avec nous. Certaines choses vous remettent à votre place. Nous avons partagé avec lui notre repas et l'avons écouté... parler, parler... de tant de solitude peut-être.
En vrac...
Le carnaval péruvien...
Il dure deux mois, du premier janvier à fin février...
Le principal rituel est de balancer de l'eau ou de la mousse en spray, à nimporte quel passant. Le grand amusement des petits, et finalement des plus grands aussi. Nimporte quel passant, ca veut dire le petit vieux qui tient à peine sur sa canne, un cadre en costume cravate qui va a un RDV imporant, et bien sur, le plus excitant de tout, une gringa sur une bicicleta doble... Gringa? Bein oui, au hasard, nous nous comptons plus les fois ou nous nous sommes fait aspergés. Mais c'est chaque fois moi qui ai pris le pactolle. Fix, rien du tout. Trop injuste. Bref, vous comprenez bien que le carnaval nous à tres vite énervés. Nous n'avons pas l'air d'être les seuls, un sondage dans un journal relatant "Et quelle peine attriburiez-vous à ceux qui abusent avec ce carnaval?" "3 a 6 mois de prison" fut la réponse générale.
Faisant également partie du carnaval, les parades dans les rues... Nous en voyons presque tous les jours...Les femmes dansent, les hommes jouent de la musique, le tout forme une parade colorée et un peu dissonnante (vu qu'ils ont bu un peu trop de chicha alcoholisée).
Notre look sur le tandem...
Nous vous avons laissé imaginer à quoi nous ressemblions sur notre bicicleta. Voilà ce que cela donne en réalité, avec la récente invention du guidon sous ma selle... Alors, quand nous sommes dessus, cela semble encore naturel... Mais quand il est posé, nombre de gens qui se gratte la tête, voyant le guidon derrière les pédalles:"L'un regarde à l'avant, l'autre à l'arrière?"
 
Les élections...
Ayant passé au Venezuela les trois mois précédent les élections, j'avais déjà été servie avec les discours, les parades, les chansons (¡Uh, ah, Chavez no se va!), les peintures sur les murs, les cris du peuple... 
En Equateur et au Perou, nous n'avons vu que des reliques des propagandes d'il ya quelques mois... 
En Equateur, chaque partisan a un numero. Très vite, nous sommes devenus incollables au jeu: "Correa, quel numero?"
Au Pérou, une choses est sûre, la majorité des habitants n'a pas assez d'argent pour peindre la facade de sa maison, mais tous les murs sans exceptions sont peinturlurés aux slogans d'un parti. Le slogan le plus sensationnel que nous ayons croisé: "Avec Martinez, plus de produits chimiques pour vos cultures" accompagné du sigle de son parti (qu'il faut cocher), un pulverisateur.
Le quizz
Je continuerai en remerciant ceux et celles qui ont répondu au Quizz, cela nous a bien fait rigolé. Nous leur devons quelques précisions, car ils ont parfois pensé des choses étranges à notre propos ;-)  ...
Au fait.. Le grand gagnant est... tadaaam ... Michel Cornet, qui est celui qui a le moins mal répondu, et très rapidement. Qu'il s'attende à devoir porter un bonnet péruvien en toutes circonstances pour ne pas nous vexer.
 
Q.1. La photo ne représente pas Idalina qui fait pipi (merci, je suis une fille) mais Idalina qui tient le vélo alors que nous nous étions fait embarqués par un camion. Pas évident de garder l'équilibre. Arrivés au village de La Union, on s'est dit pourquoi pas aller visiter des ruines qui sont proches avant de continuer notre route... Seulement, le chemin qui y menait était tout simplement impraticable. Une montée sur 500m de dénivellée, des nids de poule, puis une pampa détrempée... Bref, Fix a du poussé le vélo sur 10km, en comptant les 5 minutes de camion. Une fois en haut, on avait presque plus envie de les visiter. Un petit homme sorti de nulle part s'est approché de nous pour nous vendre l'entrée. En moyenne, deux visiteurs par semaine visitent le site (sans blague quand on voit le chemin qui y mene). C'était réellement magique de vister ces ruines, comme seuls au monde. Satisfaits de l'effort du jour, nous avons décidé de planter la tente... dans les ruines (Réponse à la Q.2.)! Pour ce qui est d'écrire INKA ou INCA, il ne faut pas m'en tenir rigueur, les INKKCCAs n'écrivaient pas! Ici on voit les deux, selon l'inspiration de celui qui l'a noté. Il est donc fréquent de lire un nom de village écrit d'une maniere a l'entrée, et d'une autre a la sortie.
 
Q.3. Fix n'est pas capable de refaire ses lacets en pédallant, qu'est-ce que vous croyez! Par contre, il sait prendre des photos en roulant, ce qui représente deja un sérieux exercice d'équilibre...
 
Q.4. Une petite Madame Péruvienne m'a bien étalé de la creme sur les épaules. Du bluff parce qu'elle n'avait certainement pas d'escabaut? Et moi, je ne peux pas m'asseoir? Elle en a bien profité d'ailleurs, c'était l'occasion d'étaler de la crème sur ses mains toutes abimées par le froid et le travail, ce qu'elle ne doit jamais faire...
 
Q.5. Fix a déjà perdu deux réveils (mais c’est pas tellement grave parce que le premier sonnait tellement peu fort qu’il fallait etre reveillé pour l’entendre, et le deuxième avait un tic tac tellement fort qu’il ne nécessitait pas de sonnerie vu qu’il nous empêchait de dormir). Finalement, ce n'est pas si grave, vu qu'il est impossible de ne pas se réveiller au lever du soleil a 6h du matin (la lumiere, les coqs, etc). Reste à voir s'il ne ratera pas son avion...
 
Q.6. Idalina a-t-elle perdu 5 kg grâce aux bienfaits du vélo??? Désolé, cela reste top secret. Par contre, ceux qui pensait qu'il était impossible que je le sache (vu qu'on ne transporte pas notre balance), c'est raté. Ici, il y a un métier qui consiste a mettre une balance dans la rue, s'asseoir à coté et vendre aux gens leur poids (si le client est satisfait, il est de coutume de payer le double)...
 
Q.7. Apres s’etre fait appelé « toubab-argent » en Afrique, le nouveau surnom de Fix est « gringo-caramelo ». Ou parfois "gringo-plata" ou simplement "gringuito" ou "señorcito" (señorcito, il aime pas parce qu'il dit qu'il est bien plus grand que tous ces nains de péruviens ;-)   )
 
Q.8. Nous avons roulé toute une après-midi sur une route quasi déserte. Parce que "les deux". C'était d'ailleurs bien agréable. Le bulldozer a mis 3 heures a dégager le passage a travers la coulée de boue, et une nuit a nettoyer completement la route. Et le camion a lait est resté coincé une heure a un carrefour. Vive la logistique.
 
Q.9. C'est mal connaitre Fix que de dire qu'il élit son camion du jour si son camioneur lui propose de l'embarquer. Un voyage à velo, c'est à velo, et pas en engins motorisés (sauf exception pour les ruines, parce que cela, c'etait un extra à la route, et qu'on allait la reprendre là où nous l'avions laissée). Par contre, plusieurs fois, moi je n'aurais pas dit non!
 
Q.10. La Toyota Corolla est effectivement la voiture du peuple péruvien. Pourquoi? Parce qu'elle a un grand coffre, ca permet de mettre encore quelques personnes à l'arriere. Il n'est donc pas rare de voir dix personnes dans une toyota Corolla.
Maintenant, je ne peux pas vous certifier qu'il y en ait plus que de lamas.

Quant aux cyclotouristes, nous en avons rencontré 5 au total, et pas des moins originaux. Un couple de tcheques roulants sur des bents bricolés maison (velo ou l'on roule couché) depuis le Mexique, un quebecquois qui semblait en stand by (ca faisait 6 mois qu'il s'était installé a la casa de ciclistas), un vieil écossais qui voyageait depuis 10 ans (10 mois de vélo, puis 2 mois de repos dans sa campagne écossaise) et un polonais. La rencontre avec le polonais fut de loin la plus émouvante. En pleine montagne, au milieu de nulle part... Nous nous sommes sauté dans les bras. IL parraissait tellement heureux. Ne parlant pas espagnol, il fut ravi de pouvoir converser. Nous avons échangé nos expériences. Lui, a rigolé pendant deux heures. Il n'a pas arreté de répéter "Mais si déja moi j'ai du succes sur la route, mais alors vous?" Il nous a surement trouvé un peu fous, avec mon guidon sous la selle et toutes les aventures que nous avons conté. Quand on est en plein milieu d'une aventure, on ne réalise pas vraiment que l'on vit quelque chose de particulier. Par contre, quand nous racontons nos expériences, les gens nous écoutent et paraissent tellement étonnés. Nous réalisons alors un peu plus que nous avons en tete une tonne de souvenirs, plus anodins les uns que les autres...

La fin et la suite...

Voilà, nous nous quittons dans quelques jours, plus amoureux que jamais, mais c'est loin d'être la fin des aventures... Pour ma part, je continue vers la Bolivie. Et Fix enchaîne sur Ho Chi Minh au Vietnam, avec 10 maigres heures d'escale en Belgique. Vous pouvez continuer à le suivre sur son site "développement durable" auquel il a beaucoup travaillé, ou sur le site web de la Libre Belgique.

par Idalina de Brauwer publié dans : Pérou
 
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